Au secours…je ne suis plus motivé !

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Voilà, on y est. Tu as réalisé un certain nombre de courses, tu as atteint un objectif que tu t’étais fixé, ou alors tu cours régulièrement par plaisir, mais tu sens que quelque chose a changé en toi. Plus la même hargne !  A la base tu as commencé en te forçant un peu, ou pas, puis le goût de la course t’es venu. Et là, planté devant tes baskets, en essayant d’obtenir une réponse, tu te demandes pourquoi tu cours. Bref, tu n’es plus motivé !

 

Pourquoi moi ?

Après avoir atteint un objectif, il peut arriver que le coureur ait besoin d’une pause, autant physique qu’intellectuelle. Histoire de remettre de l’ordre dans ses idées : quel type de course vais-je faire à présent ? Est-ce que je suis prêt à m’attaquer à de nouveaux challenges ? Est-ce que j’ai le matériel nécessaire ? En ai-je vraiment envie ?

Et puis aussi, même si aucun objectif n’a été atteint, le coureur peut lui aussi, comme dans toutes les autres activités sportives ou non, se lasser !

Quoi qu’il en soit, la démotivation nous touche tous. A des échelles différentes évidemment, selon les niveaux, les objectifs, les âges, ou même les rythmes de vie. Il peut nous arriver à tous d’avoir un « coup de mou », de manquer d’entrain, de ne plus arriver à se motiver pour chausser sa tenue de sport préférée, qui d’ailleurs paraît finalement un peu fade.

Ne t’inquiète pas, ami coureur, se démotiver est normal. Voyons ensemble ce qui peut se passer dans ta tête à ce moment là, pour mieux le comprendre et l’appréhender.

 

Parfois je me demande pourquoi je cours…

La démotivation ne survient pas uniquement après une course ou l’atteinte d’un objectif important. Elle est partout, à tout moment : lassitude, routine qui s’installe, perte de sens sur le fait de courir… Et en plus on peut tous être touché. Cette démotivation est normale également, car nous sommes humains, et il nous est nécessaire de varier les plaisirs pour justement continuer à prendre du plaisir 🙂

Toujours le même entrainement, le même parcours, les mêmes playlists, mais aussi les mêmes tenues, les mêmes horaires de course ; ça peut nous lasser ! Pendant que le corps s’habitue, la tête se pose la question du sens « pourquoi est-ce que je cours? ». Et là il est crucial de se recentrer sur ce qui a fait, au début, qu’on a commencé à courir !

La progression met du temps et il faut savoir être patient et tolérant avec son corps. Fatigué de notre programme d’entrainement, du fait que l’on arrive pas assez vite à la vitesse, au nombre de kilomètres que l’on voulait atteindre, on peut se démotiver. La fatigue est aussi source de démotivation, tout comme l’ennuie. N’oubliez pas dans ce cas là que la progression n’est jamais linéaire !! Dans la course, comme dans la vie, il y a des hauts, des bas, parfois on est content, parfois on se sent dépassé, au bout du bout du bout. Mais quand y’en a plus y’en a encore comme on dit ! Même si on est dans le creux de la vague, il ne faut pas abandonner. Une fois l’obstacle surmonté, le haut de la vague n’en sera que meilleur !

 

Le « je fais quoi après ? »

Voilà, je m’étais dit que j’allais réaliser ce 5km, ce 10km, ce semi, ou même ce marathon, c’était mon objectif. La ligne d’arrivée est franchie, je suis encore dans l’euphorie. Arrivé chez moi je me repose, je prends le temps de savourer ce beau moment, puis tout d’un coup, c’est le vide… Mais je fais quoi après ??

C’est la grande question, une fois que l’objectif tant attendu est atteint. Certains vont rapidement se trouver un nouvel objectif et repartir de plus belle. D’autres vont stagner un petit moment et se poser en boucle cette question. Car oui, une fois un objectif atteint, surtout un objectif important pour soi, il est normal d’avoir une phase de vide. Dans cette phase de démotivation, on a plus trop envie de courir, ou alors on court mais sans trop savoir pourquoi.

Deux choses à te dire sur ce point là :

  • avoir des objectifs est génial, c’est ce qui te permet d’avancer, mais il ne faut pas oublier que si l’on court, c’est d’abord pour le plaisir. Quand on se démotive, et que les « il faut que j’aille courir » commencent à venir, alors on fait une pause immédiatement ! Une semaine, deux semaines, plus si nécessaire, mais on arrête. Lorsque la démotivation surgit parce que la course à pieds devient une contrainte, on est dans le rouge !
  • Cette phase de vide est normale. Elle n’arrive pas à tous les coureurs, pas après chaque course, cela dépend de beaucoup d’éléments. Mais si tu es touché par cette démotivation après avoir atteint un objectif important pour toi, n’hésite pas à faire une pause. On ne vous le dira jamais assez, le réel secret d’un bon coureur, c’est de savoir écouter son corps, mais aussi sa tête ! Quand le corps dit stop c’est trop, on arrête un temps, mais quand dans notre tête c’est le bazar, on arrête aussi.

Alors on se repose le corps et l’esprit. Et on pensera plus tard à ses prochains objectifs. Et puis croyez nous, une fois qu’on est reposé, tout d’un coup les idées fusent, et de nouveaux objectifs apparaissent 😉

 

J’aimerais retrouver ma motivation !

MOTIVATION

Tu es démotivé, mais tu souhaites malgré tout retrouver l’énergie que tu avais « avant » : alala quelle détermination, décidément, tu nous étonneras toujours ami coureur 🙂

Allez on va essayer de t’aider à cela…

  1. Garde en tête que la vie est pleine d’obstacles à franchir, censés nous rendre plus fort ! La démotivation en est un, et un beau. Cela va t’apprendre à remonter la pente, doucement mais sûrement, à t’écouter, à te faire confiance. La pause s’impose, mais tu verras, tu reviendras plus en forme encore et avec un moral d’acier. Et puis si jamais cette démotivation perdure, interroge toi vraiment sur ce qui t’a poussé à courir, est-ce pour toi ou pour quelqu’un d’autre ? Est-ce pour le fun, pour faire comme les autres, par curiosité ou même pour perdre du poids ? Si tes raisons sont solides, et que tu y crois, alors ta motivation reviendra, parole de coureur !
  2. Ton corps et ton esprit tu écouteras ! Et oui, on radote un peu, c’est vrai… Mais c’est parce que c’est essentiel ! Quand tu ne prends plus de plaisir à courir, que tu te poses trop de questions sur le sens de tes sorties régulières, alors fais une pause ! Prends le temps de t’écouter, recentre toi sur ce qui te fait plaisir à ce moment là de ta vie. Parfois, pris dans notre quotidien, entre la vie professionnelle, la vie amoureuse ou sociale, difficile de tout concilier avec ses activités sportives. Alors avant de craquer et d’exploser littéralement (ça ferait des tâches en plus), on stoppe !
  3. La course à pieds tu reprendras, quand tu le sentiras ! Après ta pause, lorsque tu es d’attaque pour reprendre, alors fonce ! Mais vas-y toujours progressivement, surtout si ta pause a duré quelques semaines. Dans ce cas là, n’hésite pas à faire des entraînements en fonction de ton besoin de récupération musculaire. Si tu as perdu en endurance, ne t’attaque pas tout de suite à une sortie de 2h. Si ta vitesse est plus faible, ne te pousse pas à 20km/h tout de suite… patience !
  4. Changer tes habitudes tu pourras. Ben oui, il y a des fois où on est démotivé, simplement parce qu’on s’ennuie. La routine s’installe aussi dans la course, on voit les mêmes arbres, on entend les mêmes musiques, on a les mêmes fringues usées par la transpiration. Enfin bref pas joyeux tout ça !! Alors on met du peps dans sa vie ! On change ses playlists, on court à plusieurs, on change son parcours, on diversifie ses entraînements (intégration du fractionné, du renforcement musculaire par exemple), on se fait plaisir en s’achetant une nouvelle tenue high-tech avec la poche spéciale téléphone, ou les toutes dernières baskets jaunes fluo à poids rouges… Bref on casse la routine.

 

Le point témoignage de Ludivine Soulier

Ludivine, tu avais envie de témoigner et d’écrire cet article, pourquoi ?

Exactement ! Parce que ce sujet me tient à coeur. J’ai vécu plusieurs longues périodes de démotivation dans la course à pieds, je trouvais ça sympa de partager mon expérience à ce sujet, surtout à travers mon témoignage. Je pense que ça permet aux autres coureurs de se sentir moins seuls dans ce genre de moment, que l’on sait pas forcément comment appréhender.

Tu cours depuis longtemps ? C’est quoi ces « longues périodes de démotivation » dont tu parles ?

J’ai commencé à courir régulièrement, ça fait 3 ans maintenant. Je n’ai jamais eu de programme entrainement. Je fonctionne au feeling : quand j’ai envie de me pousser je fonce, autrement tant pis. J’essaie d’être vraiment à l’écoute de mon corps en ce qui concerne la course. J’ai fait ma première course officielle cette année seulement ! Je compte enchaîner d’autres courses (j’avoue que j’ai pris goût à l’ambiance des courses :D) d’ici les mois à venir, si tout va bien.

Malheureusement j’ai quelques sensibilités physiques : dans le bas du dos, mais aussi dans toute ma jambe gauche. J’ai eu différentes blessures au mollet et au pied qui font que j’ai du arrêter la course à pieds plusieurs fois pendant ces 3 ans, pendant de longues périodes (jusqu’à 2 mois une fois, à cause d’une tendinite au pied…). Et bien c’était long ! Surtout qu’à chaque fois, médecins, podologue, osthéo, tout le monde y va de son diagnostic, sans forcément mettre le doigt là où ça coince. J’ai même eu le droit à a des semelles orthopédiques sur mesure, qui ne changent pas grand chose à mon cas. Quand on en est là, la démotivation est forte : on doit s’arrêter de faire quelque chose qu’on aime, sans trop savoir pourquoi…

Mais du coup, tu as ressenti quoi toi ? Ça fait quoi d’être démotivé ?

Pour ma part, c’était une grande perte de confiance en moi. Ne pas être capable de faire ce que j’ai envie de faire, être impuissante, c’est très difficile pour moi !! Surtout que la course me vide la tête… J’adore chausser mes baskets et aller faire quelques kilomètres, histoire de me défouler. Lorsque j’ai été interdite de sport plusieurs fois, ça a été une réelle épreuve ! Je n’avais pas d’alternatives car tous les sports où j’utilisais le pied ou le mollet gauche étaient interdits… Ça réduit les possibilités !!

J’ai cru que j’allais jamais m’en sortir… Pour tout vous dire, j’ai régulièrement mes blessures qui reviennent. En fait j’ai une forte tension musculaire, autant dans le mollet que dans le pied. Du coup j’appréhende le retour de la blessure…

Depuis le temps tu n’as pas trouvé des petites astuces pour te soulager ?

Déjà j’ai fini par accepter que mon corps est ce qu’il est, avec ses faiblesses et ses forces (bon, ok, j’ai encore du travail sur l’acceptation). Ensuite, j’ai compris que mon gros point faible était que je suis quelqu’un d’assez tendu, musculairement parlant ! L’astuce consiste donc à me détendre ! Je me fais des auto-massage du mollet et du pied, aux deux jambes, pour avoir une symétrie, je m’étire en dehors des séances entrainement, j’essaie d’améliorer ma souplesse aussi. Et puis il y a également tout un travail sur le stress que je dois faire. Parce que les tensions viennent bien de quelque part ! Je prends à coeur pas mal de choses, du coup je dois apprendre à relativiser, histoire d’arrêter de faire souffrir mon esprit, et mon corps !

Donc ce que tu dis, d’après ton expérience, c’est que corps et esprit sont liés ?

Evidemment !! Je l’ai toujours plus ou moins compris, mais là je l’ai vraiment vécu. Les deux sont intimement liés, d’ailleurs souvent le corps craque avant le mental ! Le mental est plus fort, il reste « solide ». Le corps c’est un peu, selon moi, une sorte de réceptacle, dans lequel nos émotions se baladent, ce qui laisse en nous beaucoup de séquelles. Le lien le plus connu c’est celui du stress je crois, qu’on a corrélé avec notre corps  : le mal de ventre lors d’un événement important, le coeur qui s’emballe, etc.

Pour mon cas je sais que même si j’ai des sensibilités physiques de base, j’ai vraiment un gros travail à faire sur mon mental au quotidien, mais aussi sur le dépassement de mes limites, que j’ai toujours du mal à franchir !

Pour conclure quel est ton dernier mot à propos de la perte de motivation des coureurs ?Objectif

Je dirai aux coureurs de se rassurer : c’es totalement normal d’avoir des coups de mou, en course, comme dans la vie d’ailleurs. Il ne faut pas sauter sur la première baisse de motivation pour se dire « ok c’est bon j’arrête ». Car la démotivation est une forme d’obstacle qu’il faut aussi franchir, pour apprendre à être plus fort ! Moralité, amis coureurs, quand c’est difficile, on persévère, et quand c’est impossible, on essaie quand même. J’aime bien cette métaphore qui dit que si on arrive pas à passer par la porte pour rentrer quelque part, il faut essayer par la fenêtre, et que si la fenêtre ne marche pas, alors on prend une échelle pour atteindre la lucarne, et si ce passage est bouché, alors on tente par le toit : il y a une solution à tout !

 

 

Merci à vous de nous suivre régulièrement 🙂

A bientôt pour un prochain article !

L’équipe CAG

 

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