Alcool & course à pied : est-ce vraiment incompatible ?

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On ne le dira jamais assez : en course à pied, il faut BOIRE (de l’eau). Pour rester hydraté. Mais si comme nous, vous êtes des adeptes des apéros (surtout pendant les longs soirs d’été) ou que vous aimez juste siroter un verre de bon vin ou une petite bière, cet article est fait pour vous.

Ce n’est un secret pour aucun coureur : la course à pied & l’alcool ne sont pas vraiment compatible.. Mais est-ce à dire que l’on a pas le droit de boire de temps en temps ou de se prendre une bonne cuite ? Of course not !

Pour vous, l’équipe de Courir à Grenoble a fait le point sur les effets de l’alcool pour un coureur, et comment allier boisson (occasionnelle) & course à pied. Bien sûr, vous connaissez le refrain : l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

Quels effets ont l’alcool en course à pied ?

On vous épargnera les effets traditionnels de l’alcool, vous les connaissez probablement déjà. Ce que vous ne savez peut-être pas, à moins d’en avoir fait directement les frais, c’est que l’alcool a un impact direct sur la performance du coureur.

– 1er effet : l’alcool déshydrate. Qui ne s’est jamais réveillé avec une horrible gueule de bois et la bouche pâteuse un lendemain de soirée ? La faute à qui ? BINGO : l’alcool. Et ne dit-on pas qu’il faut rester le plus hydraté possible lorsqu’on court ? Vous voyez le paradoxe arriver..
– 2eme effet : l’alcool ralentit la récupération musculaire après l’effort. Or, il se trouve que cette récupération est indispensable pour le corps qui vient de subir des traumatismes.
– 3eme effet : vos tendons & os seront sensibilisés. Eh oui : la consommation d’alcool crée un état d’inflammation & perturbe le mécanisme de synthèse osseuse. Or ce mécanisme est indispensable après l’entraînement pour que le squelette se remette des chocs amortis.

L’alcool réduit-il vraiment les performances ?

Malheureusement oui. La première raison est qu’il perturbe le cycle du sommeil. Même si on a l’impression qu’on a jamais aussi bien dormi qu’après une cuite, l’alcool réduit la durée des cycles de sommeil profond, qui sont les cycles les plus importants dans la mesure où c’est à ce moment là que le corps se repose vraiment & récupère l’énergie dépensée. Et si on est moins reposé, on a moins d’énergie pour courir le lendemain ! En plus de ça vient s’ajouter un risque accru de blessure dû à la fatigue.

On estime que chez les coureurs professionnels, l’alcool réduirait la performance jusqu’à 11%. Chez les amateurs, on passe à 30%

De plus, l’alcool est réputé pour faire grossir. Or, la prise de poids à un impact direct sur la performance : tout kilo supplémentaire représente une masse à « porter ».

Et le footing post-gueule de bois ?

Encore une idée reçue ! Selon certains spécialistes, courir après une soirée bien arrosée ne permettrait pas d’éliminer les effets de l’alcool.

Et encore une fois, les risques de blessure sont accrus.

Faut-il pour autant arrêter de boire ?

Bien sûr que non ! S’il est évident qu’il vaut mieux éviter d’avoir trop bu la veille d’une course, ça ne signifie pas qu’un coureur doit supprimer l’alcool de son mode de vie. Il faut juste savoir le doser.

Quel est le meilleur moment pour boire du coup ?

Le mieux reste après l’effort. Qui n’a jamais entendu parler de la bière du réconfort à l’arrivée d’un run ? Meme les plus grands sportifs s’y adonnent ! (L’athlète tchécoslovaque Zatovek, 4 fois médaillé d’or aux Jo pour ne citer que lui).
Notez toutefois que l’idée reçue comme quoi cette bière de recup’ aurait des vertus nutritionnelles est complètement erronées : la bière déshydrate comme tous les autres alcools.

Pour ceux qui veulent concilier les 2 : la course du Médoc

Vous en avez sans doute déjà entendu parler. Connue comme étant « le plus long marathon du monde, c’est le moment idéal pour allier art du vin & art du sport. L’objectif n’est pas de battre son record mais plutôt de gouter à divers sortes de vin tout au long d’un marathon. Mais attention : la durée de course est limitée à 6h30 « seulement » 😉

Courir 2h30 par semaine peut arrêter les risques néfastes de l’alcool

Voila une nouvelle qui faire plaisir aux runners, pratiquer une activité physique régulière pourrait en partie réduire les effets néfastes de l’alcool voire parfois les annuler si vous faites 2h30 de sport cardiovasculaire par semaine.

C’est une étude récemment publiée dans la revue British Journal of Sports Medicine qui le démontre. En analysant les réponses fournies par plus de 36000 britanniques, les chercheurs ont découvert que le risque de décès et les maladies liés à l’alcool sont grandement diminués.

Cependant, malgré la qualité de cette étude, il s’agit d’une étude observationnelle et il ne faut pas en tirer des conclusions définitives. Evitons donc les cuites tous les soirs sous prétexte qu’on s’entraîne plusieurs fois par semaine.

L’équipe CAG.

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